petit trip

petit trip

# Posté le samedi 23 juin 2007 05:48

Enfermé, mais pas prisonier

Enfermé, mais pas prisonier
Le soleil, qui quelques heures plutôt faisait griller les touristes, comme de vulgaires côtelettes, s'est retiré pour laisser place à ses frères les nuages. Ils s'étirent à l'infinie, au gré du vent. Julie ne s'est pas faite griller la fesse droite, ni arroser la tronche, pour ça il aurait fallut mettre le nez dehors. Depuis que Paul est mort, elle ne met plus un pied hors de la maison, juste en cas d'extrême urgence et encor.
Cette été, serviette de plage, crème solaire, bob et lunette seront restés dans le tiroir. A peine eu le temps de vérifier si le maillot lui allait toujours, et paf ! De toute façons elle ne ressemblait plus à rien dans ce deux pièces multicolores, les seins toujours au balcon, et obligée de rentrer le ventre pour ne pas ressembler à un gros boudin tout fripé.
Rien, absolument rien n'a changé depuis un mois. A croire que sa mort a arrêté le temps. Il lui arrive de se recroqueviller dans un coin de la pièce, celui qui est juste en face de la cuisine. Elle peut rester immobile toute la journée, et une grande partie de la nuit. Elle fixe le congélateur d'un regard lointain et sans vie, quelque fois, dans un sursaut de vie, elle le voit bouger... Ultime bon pour se raccrocher à l'espoir que cette porte va s'ouvrir, qu'on lui criera « Poisson de juillet !! », et que tout redevienne comme avant.
De temps en temps le téléphone la sort de sa torpeur, elle écoute la sonnerie qui ne semble pas vouloir s'arrêter de lui casser les oreilles, comme si une fraise de dentiste s'amusait à s'enfoncer en elle, lentement, très lentement. Puis un petit « bip » signal que l'appel est dirigé vers le répondeur. « Julie c'est maman. T'es là ? Si tu es là décroche, je me fait du soucis pour toi... Ca va bientôt faire un mois que tu ne m'as pas donné de nouvelle, je m'inquiète. Appel moi dés que tu peux. Je t'embrase. » Pourquoi les gens demande tout le temps si vous êtes là sur un répondeur ? Manie agaçante qui lui donne la nausée. Elle regarde l'appareil, un instant, dans le doute. Un sourire se dessine en forme de rictus mauvais. Elle se lève précipitamment et arrache le combiné pour l'envoyer valser sur le mur opposé. Une danse tribale s'engage alors. Julie debout sur l'appareil, le dos courbé, les fesses en arrière, tête basse qui bouge, comme tout son corps, dans tous les sens, rythmé par les cris de rage. Une fois la danse de la communication terminée, Julie s'effondre et se vide a 68% de l'eau de son corps, par de petites, mais tenaces, larmes, qui nettoient en même temps et ses joues et le sol.
Une autre de ses activités est de laver, inlassablement ce même tee-shirt blanc, qui pourtant, après tout ces lavages garde des traces, telle un tatouage, ces taches sont les fruit abouties d'une cause, elles y resteront à vie, si ce n'est sur le tissu, au moins ce sera dans tout son être.
Elle regarde par la fenêtre la plage qui se remplit doucement des premiers touristes. Certain ont oublié de changer la côtelette de côté, d'autre ont voulu faire un effet « même sans mes lunette, t'a l'impression que je les ai encore ! ». Elle aurait aimé rejoindre toutes ces têtes de con, oublié et profité de ses derniers moments de paix. Elle se doutait bien qu'à un moment ou un autre quelqu'un allait débarquer, la questionner, et surtout la faire bien chier, pour enfin tout découvrir.
Elle ferma tout les volets, téléphona à sa mère, en s'excusant de son silence, et en lui annonçant que Paul l'emmenait en Afrique pour deux mois. Sa mère s'étonna mais ne réagit pas, pourquoi se douter de quelque chose, quand on ne sait pas pour quoi douter ?

Julie s'allongea sur le divan, scrutant l'obscurité à la recherche de réponse... Mais rien. Elle tourna la tête, son regard se posa sur le congélateur...Elle se dirigea doucement, à pas de loup, comme pour ne pas réveiller l'enfant qui dort. Sa main souleva le couvercle, une odeur fétide vint lui caresser les narines. Elle prit les boites posées prés de levier, elle les vida une par une. Elle passa une jambe, puis l'autre dans ce cercueil de glace. Elle embrassa Paul sur ces lèvres bleuies et durcies par le froid de ce long mois. Elle claque le couvercle.
Le temps s'arrêta une nouvelle et dernière fois.


(texte: by me )

# Posté le dimanche 10 juin 2007 10:38

De la fine poudre blanche

J'ouvre les yeux.
Plus de couleur à présent, je ne vois qu'en noir et blanc. Un jour on se réveille et tout a changé, les couleurs, les odeurs, les gens, la musique.... J'ai envie de retrouver ce tourbillon de couleurs qui me faisais faire un long voyage dans un monde magique. Est-ce encore possible?

Je ferme les yeux.
Rien, le néant. Je me sens invisible, pourtant je suis bien vivante, je le sens au fond de moi, je sens mon c½ur battre. Comment est-il possible que tout puisse se métamorphoser en si peu de temps? Je crois que j'ai la maladie du mal de vivre...Vous savez cette maladie qui vous rend lasse de tout, avec toujours ce même pincement au c½ur, et toujours ces même larmes au coin des yeux... Oui je suis malade de ce monde qui ne tourne pas rond (où est-ce moi qui ne tourne pas rond?).

J'ouvre les yeux.
Noir, blanc, tristesse, douleur, guerre, famine... Comment se sentir bien dans un monde qui part à la dérive? J'ai envie de faire une fugue dans ce pays étoilé. M'asseoir sur une étoile et me laisser aller, bercée par le vent, par les saisons, par le temps...


Je ferme les yeux.
Je ne suis pas morte, mais j'ai l'impression que le monde est éteint... Qu'en penserait Jules Renard? Dirait-il que je suis quand même, en quelque sorte morte, que le monde possède encore quelques chandelles allumées, ou conclurait-il que je suis complètement givrée?


J'ouvre les yeux.
J'ai rencontré quelque chose de fantastique, mon ultime bouée de secours pour rester à la surface... Je l'appellerais kétala. J'ai des souvenirs fragmentés de cette expérience. Je crois que mon odyssée à duré une heure, mais cela m'a paru des années, tellement c'était fabuleux. J'ai retrouvé toutes les couleurs, mon esprit s'est dissocié de mon corps, et il s'est enfuit où il voulait. Je n'étais que spectatrice de ce voyage.

Je ne veux plus fermer les yeux.
Chaque jour, je m'accorde une virée sur mon eldorado. Là bas, il neige tout le temps, et si j'inspire quelques flocons de neige, je peux rester encore plus longtemps en apesanteur.

Les yeux ouverts.

On ma surprise en compagnie de la kétala. J'ai crus mourir en la voyant se dissoudre comme une traînée de poussière d'étoiles. Mais je ne veux pas attendre que les couleurs s'évaporent, je ne veux pas les voir glisser entre mes doigts. Il faut que je trouve quelque chose d'autre!

Les yeux grands ouverts.
J'ai rencontré autre chose, je l'appellerais Caroline, elle a le même aspect que kétala, mais les effets durent plus longtemps et il m'a semblé qu'ils étaient plus forts. Je suis tombée amoureuse d'elle. Je crois que je l'aime tellement que je ne pourrais plus m'en passer.


J'ai fermé les yeux.

Je suis tellement fatiguée, je me sens ivre de couleurs et de bonheur. Je me sens vide de vie, seule la neige réussie à me combler; elle fait même mieux, elle m'anime. Certes je ne suis qu'un pantin, mais durant la représentation je me sens enfin vivante. Je n'arrive plus à m'en passer. Dès que je sens qu'elle s'évapore je ne peux m'empêcher d'y retourner. Plus, encore plus! J'en veux toujours plus!




Je ne peux plus ouvrir les yeux, je sens que la fine poudre blanche a pénétré chacune de mes cellules, elle a envahi chaque pore de ma peau, elle s'est immiscée dans chacune de mes pensées. Elle aspire mon peu de vitalité pour continuer son parcours à travers mon corps et mon esprit. Je vois déjà d'ici l'ancien roi d'Égypte qui m'attend de l'autre côté du fleuve...
Les flocons ont tout recouvert, la terre, mon corps, mon esprit... Je monte dans la barque au côté d'Osiris. Je regarde la rive qui s'éloigne doucement. Je n'aurais laissé aucune empreinte, ni dans ma vie chaotique, ni dans mon voyage psychédélique... Est-ce que quelqu' un se souviendra de moi? Ou mon nom sera-t-il subtilisé à celui de...Junkie?



(texte: by me, et j'en suis quelque fière(pour une fois!!)
photo: trouvé sur le net...)

# Posté le mardi 17 avril 2007 15:50

Modifié le samedi 12 mai 2007 11:43

j'ai retrouvé des couleurs! :-)

j'ai retrouvé des couleurs! :-)
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Entre Ce que je pense, Ce que je veux dire, Ce que je crois dire, Ce que je dis, Ce que vous avez envie d'entendre, Ce que vous entendez, Ce que vous comprenez... il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même...
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Et vouè jai enfin récupéré des couleurs!! Bon certe sur ce montage ca se voit pas trop, mais un peu d'imaginition ne vous fera pas de mal...
(photos: by me
montage: aussi
texte: Bernard Werber)

# Posté le mercredi 04 avril 2007 16:34

J'écris ce que je pense, et je pense ce que j'écris...

J'écris ce que je pense, et je pense ce que j'écris...
Parce que rien n'est facile, moi j'ai envie de croire en la simplicité de la vie ...
Je suis peut être trop naïve, mais j'aime cette naïveté trop souvent oublié. Je croyais qu'il en fallait peu pour être heureux... Balou nous aurait-il menti? C'est pas possible, la vérité sort toujours des personnages gentils de Disney !

Parce que la vie semble être peint en noir et blanc , moi j'ai envie de croire que nous sommes tous une touche de couleur...
La vie n'est qu'un tableau blanc, à nous de prendre nos pinceaux et de nous mettre au boulot, à chacun d'apporter sa touche de couleur, si infime soit-elle.

Parce que la vie ressemble étrangement à un champ de batail, j'ai envie de crier stop à la décadence...
Ça ne devrait pas être dure de vivre en harmonie, ou du moins sans se taper dessus mais c'est sure pour cela il faudrait faire des efforts, ce qui ne semble pas permis pour tout le monde. « La vie est trop courte pour passer son temps à avoir la haine », si la vie est si courte qu'on le dit, pourquoi ne pas profiter de ce temps au lieu de la gâcher inutilement?

Parce qu'il y a des gens qui n'ont pas ma chance, j'ai envie de profité pour eux...
On ne peut pas aider la Terre entière, individuellement c'est impossible, certes on peut donner de l'argent, des médicament, des vêtement...Mais on peut aussi prendre conscience qu'on a vraiment de la chance malgré les bricoles quotidiennes qui nous tombe dessus. Il y a toujours pire que soit, alors regardons autour de nous, ne gardons pas ces ½illères qui à force nous rende égoïste et hautain...

Parce que je crois profondément que l'humanité est pourri, je veux avoir l'espoir de me dire qu'il y a des gens moins pourri que d'autre...
Il n'y a qu'à regarder autour de soit pour voir à quel point l'humanité est foncièrement méchante, hypocrite, détestable, immorale... Mais il y a quand même des petits perles qui roulent sur cet immondice, et je suis sure qu'en cherchant bien on pourrait faire de beau collier.


Parce que le père noël habite toujours au pôle nord, parce que la petit souris doit avoir bien mal au dos, parce qu' une fée me rend visite régulièrement, parce que les lapins au chocolat aiment toujours autant jouer à cache cache avec les enfants, parce que la vie est ainsi faite.....parce que, parce que, parce que...
Parce que c'est comme ça on y peut rien? Non,c'est justement parce que c'est comme ça qu'on peut toujours y remédier!


Parce que j'ai toujours la tête dans les étoiles, et les pieds rarement sur terre, que je suis bien dans mon petit univers. Regarder la réalité en face me pique trop les yeux, je préfère regarder les cieux...

(Texte: always by me
Photo: me)

# Posté le lundi 19 mars 2007 16:54

Modifié le mardi 20 mars 2007 04:57